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À mesure que les personnes se déplacent vers les centres métropolitains, la durabilité urbaine sera de plus en plus recherchée.

L’expérience de la ville de Singapour - sans doute la ville - État la plus prospère des temps modernes – offre de nombreuses leçons pour le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et d’autres territoires qui cherchent à construire des espaces urbains toujours plus grands et plus développés.

D’ailleurs, l'Afrique connaît aujourd’hui une croissance urbaine impressionnante. Le continent qui, avec l'Asie, était l'un des moins urbanisés du monde en 2014, affiche actuellement des taux d'urbanisation rapides et devrait atteindre 2,4 milliards d'habitants au cours des prochaines décennies, favorisant les villes par rapport aux zones rurales. Selon l'Institut d'études de sécurité (ISS), on prévoit d’ici 2030 que 6 des 41 mégapoles du monde seront africaines, les villes du Caire, de Lagos et de Kinshasa, ainsi que Johannesburg, Luanda et Dar es Salam,

Ce processus appelé « urbanisation » a incontestablement le pouvoir de transformer l’économie mondiale. Cependant, il présente également un ensemble de défis tels que le besoin de mobilité et l’accès aux services urbains, l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, les questions de santé publique et de sécurité ainsi que les questions liées aux politiques. Par conséquent, le processus d'urbanisation ne peut stimuler le développement que si des initiatives sont prises pour faire face aux défis structurels générés par l'urbanisation; et les efforts sont poursuivis pour créer des villes inclusives, sûres et durables, conformément aux objectifs de développement durable des Nations Unies.

À la lumière de ces défis, des questions sur l’état de préparation du continent se posent avec une réflexion importante : Comment l’Afrique fera-t-elle face au processus d’urbanisation en plein essor?

Prenons l’exemple de l’Afrique du Nord. Plusieurs de ces pays sont en train d’avancer des initiatives afin de sensibiliser les acteurs socio-économiques au concept de ville intelligente ou « Smart City ».

En Tunisie, une caravane a été récemment lancée pour faire le tour du pays en deux étapes. Parmi les partenaires de ce voyage, on retrouve Sotetel, l’Agence Nationale d’Internet, la Poste Tunisienne, différents ministères ou encore le Centre d’Études et des Recherches des Télécommunications (CERT). Au total, elle sillonnera 10 villes à travers la République (Bizerte, Tabarka, Le Kef, Kairouan, Tozeur, Gabes, Sfax, Mahdia, Sousse, Hammamet et le Grand Tunis) pour rencontrer les municipalités afin de faire connaître le concept de Smart City. « Un kit d’implantation sera distribué à chaque ville avec une version 0 de ce que pourra être leur ville sur une vision de 30 ans. A elles ensuite de construire leurs rêves », explique Borhene Dhaouadi, Président de l’Association Bizerte 2050.

Pourtant, cette notion peut paraître encore abstraite pour un pays comme la Tunisie. Elle apparaît comme un luxe quand on pense aux difficultés financières auxquelles font face les municipalités. Pour Anouar Maarouf, ministre des TIC, « la Smart City n’est pas un luxe mais une nécessité ». Il a ajouté que « ce projet faisait partie intégrante du programme Tunisie Digitale 2020. »

À travers sa capitale économique, Casablanca, le Maroc aspire à devenir une référence en matière de smart cities sur le continent. Actuellement, cette ville regroupe plus de la moitié de la population marocaine, presque 5 millions d’habitants, et cette part augmentera de près de 70% en 2050. Les enjeux sont donc de taille pour un développement urbain intelligent et durable. Le développement de Casablanca Smart City doit permettre de répondre durablement à ces défis par une organisation intelligente de l’espace, l’optimisation des ressources et l’amélioration de la relation avec les citoyens via la collecte, la gestion et l’analyse des données fournies par la transformation numérique actuellement en marche.

Notons que Casablanca est, depuis octobre 2015, la première ville africaine à faire partie du réseau des vingt-cinq villes intelligentes sélectionnées par l’Institute of Electrical and Electronics Engineers (IEEE3), la plus large association de professionnels du digital et des technologies de l’information au monde.

De plus, le royaume a adopté plusieurs innovations pour ce qui est des villes intelligentes. En effet, des caméras de sécurité sont placées un peu partout dans les artères des villes du Maroc, afin de faciliter la circulation, mais aussi pour lutter contre les crimes. De plus, des espaces verts connectés ont été lancés dans certaines villes, notamment Marrakech. Afin d’encourager les citoyens à participer dans l’établissement d’un modèle de ville intelligente, certaines initiatives, telles que les poubelles ecobox au niveau du quartier Hay Riad à Rabat, ont été lancées. Ces dernières permettent aux citoyens d’être impliqués directement dans la propreté de la ville, en proposant du Wifi gratuit, mais aussi de recharger ses équipements électroniques  par l’utilisation de l’énergie solaire.

À travers l’adoption des technologies intelligentes dans la gestion des villes, il devient ainsi plus facile d’avoir un suivi en temps réel de l’état des routes, par exemple le cas d’un embouteillage ou un accident, ce qui facilite l’intervention des services de sécurité et santé sur les lieux.

Alger, une autre ville d’Afrique du Nord, s’est lancée de même dans la transformation progressive vers une ville intelligente en lançant le projet de la « Smart City d’Alger », géré par la wilaya de la ville. Les technologies de l'information seront au cœur de la conception de la Smart City et comprendront les aspects liés à l'acquisition de données (capteurs, etc.), à la transmission de données (réseaux sans fil, etc.), à la gestion des données (stockage, Cloud, grandes données, etc.), et à l'optimisation des activités de la ville (intelligence artificielle, analyse, etc.).

L'aspect fondamental de la conception de Smart City est de tirer parti des bases de données de la ville, d'optimiser le partage des données entre les différents départements de la ville, ainsi qu’avec les citoyens.

Il s’agira en outre de mettre en service le projet « E- commune ».

Les initiatives sont nombreuses et l’avenir des smart cities en Afrique semble être prometteur. Reste à savoir si ces villes répondent à la double exigence de satisfaire les besoins des usagers locaux et de remplir les critères classiques de la Smart city.

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