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Votre smartphone est devenu en quelque sorte une extension de votre personnalité. Tout le monde adore les applications mobiles impressionnantes qui sont développées chaque jour pour faciliter nos vies professionnelles et notre travail, ou nous divertir à travers des jeux de plus en plus sophistiqués. Elles sont devenues presque indispensables et un moyen principal de communication, d’achats en ligne, de divertissement, ainsi que d’organisation de la vie quotidienne et des affaires.

Aujourd’hui, la plupart des gens ne se séparent jamais de leurs smartphones et parcourent régulièrement l’ensemble de leurs applications qui sont devenues faciles à accéder. Il existe actuellement des millions d’applications mobiles dans plusieurs domaines différents tels que les réseaux sociaux, les voyages, la santé, les services bancaires, le sport, les agendas et calendriers, les jeux et les nouvelles.

En moyenne, chaque personne ajoute 2,5 nouvelles applications par mois sur son smartphone. D’après le centre de statistiques et d’analyses Inside Facebook, les taux de téléchargement ont énormément grimpé depuis 2008, quand environ 10 applications seulement étaient téléchargées sur chaque iPhone ou iPod. Deux ans plus tard, ce taux est devenu 5 fois plus important.

Il faut préciser que les consommateurs d’applications ne sont pas les seuls à avoir évolué durant les quelques dernières années. Les applications ont-elles-mêmes connu d’énormes changements et continueront sur la même voie pendant les années à venir.

Si nous remontons dans le temps, en 2002, Blackberry a lancé le premier smartphone disponible sur le marché, alors qu’Apple nous a apporté les ancêtres des applications que nous connaissons et utilisons aujourd’hui. Puis, en 2007, Apple a dévoilé le premier iPhone doté d’applications intégrées par défaut telles que les cartes, photos, messageries et météo.

Quelques années plus tard, Apple a lancé sa boutique d’applications en ligne ou « app store », offrant des centaines d’applications téléchargeables. Google l’a suivi de peu avec Android Market qui sera ensuite nommé Google Play. Durant la même période, HTC a lancé le premier smartphone Android portant le nom de HTC Dream.

En janvier 2011, plus de 10 milliards d’applications étaient téléchargées par les utilisateurs de smartphones et tablettes. En décembre, les développeurs avaient déjà créé 1 million d’applications uniques allant de jeux populaires comme Angry Birds jusqu’à des applications organisationnelles comme Evernote.

D’autres marques ont également créé leurs propres applications vendues sur les boutiques en ligne d’Apple et de Google. Ces applications étaient souvent des avantages à valeur ajoutée qui permettent à leurs clients d’en profiter à fond et d’ajouter des fonctions supplémentaires. Par exemple, Verizon FiOS a proposé à ses clients de télévision à fibre optique des applications pour contrôler à distance les paramètres de leurs magnétoscopes numériques et les contenus de streaming.

En 2013, aux Etats-Unis, 49 pour cent de l’usage total des applications mobiles était issu des jeux. Les réseaux sociaux occupaient la deuxième place avec 30 pour cent, alors que les nouvelles et autres divertissement n’étaient responsables que de moins de 20 pour cent de cet usage. Toutefois, le temps passé sur les appareils mobiles continue de se prolonger avec l’évolution des applications mobiles qui nous permettent de réaliser de plus en plus de choses extraordinaires.

Les applications les plus élémentaires ont même remplacé les outils traditionnels que nous utilisions avant l’apparition des smartphones. Par exemple, lorsque vous voulez vérifier la météo, attendez-vous le bulletin d’infos ou utilisez-vous l’application sur votre smartphone ? Sauf que les applications mobiles ne vous permettent pas uniquement de s’informer sur la météo. Certaines d’entre elles ont remplacé des tâches qui nécessitaient plus d’outils, de déplacements et de temps pour être accomplies.

Auparavant, les transactions bancaires nécessitaient un déplacement à la banque, des reçus de dépôt d’argent et autres documents. Cela gaspillait l’essence et perdait le temps des gens, avant l’invention des services bancaires mobiles ou e-Banking. Aujourd’hui, tout cela a changé grâce aux applications bancaires. Les clients peuvent vérifier leurs comptes, déposer leurs chèques, effectuer des paiements et autres transactions sans même quitter la maison.

Nous remarquons que les applications elles-mêmes se transforment. Elles évoluent et se développent continuellement. Si vous avez eu la chance d’utiliser les applications mobiles dès leur apparition, vous remarquez certainement qu’elles ont énormément changé au fil du temps. Auparavant, les applications se servaient de listes simples ou d’icônes pour représenter leurs fonctions. Aujourd’hui, elles sont capables d’intégrer des photos à haute définition et une mobilité sans précédent. Au lieu de se contenter de faire défiler les pages verticalement ou de cliquer sur des icônes à destination unique, Facebook propose par exemple la possibilité de passer d’une page à l’autre en glissant le doigt horizontalement sur l’écran pour accéder au profile, au fil d’actualité, aux événements, etc.

Ce n’est qu’un petit exemple de la technique utilisée par les développeurs pour optimiser l’expérience mobile en se servant des propriétés tactiles de l’appareil. Les nouvelles applications ont de plus en plus recours aux commandes tactiles telles que les gestes et les glissements de doigts.

Il est clair que la croissance va se poursuivre. Les experts prévoient le téléchargement de 44 milliards d’applications cette année, précisant que la communication d’application à personne devancera celle de la messagerie traditionnelle. Elles deviendront de plus en plus personnalisées et offriront au client davantage d’interaction sociale. Les développeurs créent de nouvelles idées chaque jour pour fournir un plus grand nombre de services et de possibilités aux clients. Une étude a révélé que le nombre de développeurs de logiciels était de 19 milliards en 2014 et qu’il atteindra 25 milliards en 2020. Ainsi, les marques célèbres et les toutes nouvelles startups se battent pour créer le prochain « phénomène » qui révolutionnera l’industrie des applications. En attendant, des applications utiles émergent quotidiennement pour nous faciliter la vie.

Une application sénégalaise à double objectif

Avec le jeu « Cross Dakar City » lancé l'année dernière, le concepteur de logiciels sénégalais Ousseynou Khadim Bèye, 32 ans,  intègre le club très prisé des développeurs dont les applications sont disponibles à la fois en formats Apple et Android. Par ce média emblématique de la modernité, ce développeur veut dénoncer la situation archaïque des « talibés » au Sénégal : des enfants, souvent de milieu rural, confiés à des « daaras », des écoles coraniques, et forcés à mendier dans les rues des grandes villes pour leur maître.

Comme des milliers d'autres enfants mendiants, le personnage du jeu, Mamadou, tente de survivre dans les rues de Dakar. Mais, contrairement à ses compagnons d'infortune de chair et d'os, le héros de l’application mobile visant à sensibiliser sur leur sort est fait de pixels.

Ousseynou Khadim Bèye, installé à Lyon en France, n'a pas choisi son sujet au hasard : revenant souvent dans son pays, il ne se fait toujours pas à la vision tristement banale des quelque 30 000 enfants quémandant dans la rue.

« Ils font partie du décor, cela n'émeut pas vraiment les gens », affirme le créateur, « ils pensent que c'est normal ».

« L'idée n'est pas de dire aux parents que leurs enfants ne doivent pas apprendre le Coran », explique-t-il, mais de leur montrer la réalité : « ils n'apprennent pas vraiment, ils mendient et donnent l'argent à l'école qui les exploite ».

Lors de la « Journée nationale du talibé », célébrée le 20 avril, la section sénégalaise de la Société internationale pour les droits de l’Homme (SIDH-Sénégal) s'est alarmée du sort des talibés dans ces écoles, qualifiées de « vivier pour les auteurs d'exploitation et d'abus sexuel sur les enfants ». En février, les autorités ont découvert 20 garçons, âgés de 6 à 14 ans, enchaînés aux pieds par leur maître, dans une ville du centre du pays, avec la complicité de deux menuisiers qui avaient fabriqué les fers.

Le personnage du jeu, Mamadou, est d'ailleurs un petit garçon « qui a décidé un jour de rompre les chaînes de la mendicité et d'aller à la rencontre de ses parents », précise Ousseynou Khadim Bèye. « Pour ce faire », indique-t-il, « il faut traverser les rues de Dakar en évitant de se faire écraser par les voitures », dans un environnement typiquement sénégalais, montant sur des pirogues ou esquivant les « cars rapides », véhicules de transport de passagers aux couleurs bariolées, souvent insoucieux des règles de circulation.

« On peut se faire écraser par les charrettes, les taxis... Au début du jeu, la circulation est assez fluide et peu désordonnée, mais en augmentant de niveau, ça devient beaucoup plus difficile », poursuit le concepteur.

Au-delà de l'aspect ludique et du succès porté par l'importante diaspora sénégalaise, en France et aux Etats-Unis notamment, le jeune homme a voulu mobiliser ses compatriotes contre ce phénomène.  Toutefois, les ONG spécialisées auxquelles il a proposé d'ouvrir un nouveau réseau d'écoles pour les « talibés » lui ont fermé la porte au nez, explique-t-il. Et le Fonds de l'ONU pour l'enfance (Unicef) lui a opposé un « non » ferme mais compatissant, rappelant que l'éducation était une compétence nationale sortant du cadre de sa mission.

« Les structures d'accueil, dites écoles coraniques ou ‘daaras’, qui devraient les accueillir ne remplissent pas les conditions pour le faire, pour l'essentiel », a reconnu Yves Olivier Kassoka, un spécialiste de la protection de l'enfance à l'Unicef. Mais, assumer la responsabilité d'un système éducatif « n'est pas le rôle direct de l'Unicef », a-t-il poursuivi, soulignant qu'il lui incombait d'agir auprès des autorités pour faire respecter les droits des enfants.

C'est du côté de l'Etat sénégalais que la déconvenue a été la plus cruelle, confie Ousseynou Khadim Bèye, qui dit avoir écrit au président Macky Sall et à l'ambassadeur de son pays en France, sans recevoir de réponse. « Ils ont promis, mais cela n'est pas suivi d'effet », dit-il, en référence aux mesures adoptées par le gouvernement pour lutter contre ce phénomène, notamment une loi de 2005 qui interdit la mendicité forcée, sous peine de deux à cinq ans de prison, et d'amendes.

Le jeu d’Ousseynou Khadim Bèye permet aux jeunes de se divertir, tout en sensibilisant ses utilisateurs au malheur des enfants mendiants. Des milliers d’autres applications créatives cherchent également à aller plus loin qu’un simple moyen de communication. Les besoins et intérêts des gens diffèrent d’une communauté à l’autre selon leurs conditions de vie. Pour l’Afrique, combattre la pauvreté et la corruption reste une priorité.

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