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Le groupe de semi-conducteurs Broadcom a annoncé une offre de rachat non sollicitée sur son concurrent américain Qualcomm, pour un montant total de 130 milliards, ce qui constituerait l'une des plus grosses opérations de ce type dans les nouvelles technologies.

Les actionnaires de Qualcomm, qui fournit notamment les puces pour les produits d'Apple, se voient proposer 70 dollars par action ce qui donne à la transaction une valeur de 130 milliards de dollars y compris la reprise d'une dette de 25 milliards de dollars. Broadcom paierait cette somme en partie en numéraire, et en partie avec ses propres actions.

« Nous sommes prêts à engager immédiatement des discussions avec Qualcomm pour signer un accord définitif et finaliser rapidement cette transaction », a indiqué Thomas Krause, directeur financier de Broadcom.

« Le conseil d'administration de Qualcomm, en consultation avec ses conseillers financiers et juridiques, va examiner la proposition afin de déterminer la décision qui serait dans le meilleur intérêt des actionnaires », a réagi l'entreprise, ajoutant qu'elle ne fera plus de commentaire jusqu'à ce que ce processus soit terminé.

Qualcomm est lui-même engagé dans le rachat de son concurrent néerlandais NXP, une transaction valorisant ce dernier à 47 milliards de dollars. Broadcom a précisé que sa proposition de rachat était valable que Qualcomm réussisse ou non à racheter NXP.

« Cette fusion potentielle soulève des interrogations sur la difficile prise de contrôle de NXP par Qualcomm », analyse Stuart Carlow, chez Abi Research. Elle pourrait en outre être considérée par certains actionnaires comme une « opportunité » pour mettre fin au conflit entre Qualcomm et Apple avec qui Broadcom est en « bons termes », ajoute l'expert.

Le secteur des semi-conducteurs est en proie à une intense consolidation : les grands acteurs du secteur, désireux de changer d'échelle pour mieux se positionner sur un marché de plus en plus concurrentiel, ont multiplié les acquisitions ces dernières années. Ils anticipent également le passage de la 4G à la 5G avec la coexistence des ordinateurs et des smartphones avec les voitures autonomes et l’internet des objets (IoT).

Un possible mariage Broadcom-Qualcomm pourrait se voir opposer le veto des autorités de la concurrence, les deux sociétés étant des acteurs de premier plan dans les technologies Wifi et Bluetooth et le second faisant déjà l'objet d'enquêtes pour position dominante dans de nombreux pays dont les Etats-Unis.

Le directeur financier de Broadcom a toutefois exprimé l'espoir d'arriver rapidement à un accord des autorités de la concurrence sur le rachat de Qualcomm, alors que le rachat par cette dernière de NXP a suscité une enquête approfondie de la Commission européenne.

 

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