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L’Afrique n’est plus ce continent délaissé. Tant considéré comme sous-développé, il commence à émerger, notamment au niveau du secteur des télécommunications. Que ce soit  du point de vue des abonnements mobiles qui  sont au nombre de près d’un milliard d’unités, du déploiement de la 3G et de la 4G, ou même du flux des smartphones à faibles coûts, l’image du marché des télécoms en Afrique commence à se redorer. En dépit des défis liés à l’infrastructure, le continent a pu enfin garantir à ses habitants l’accès aux dernières innovations mobiles, notamment les produits du mobile money qui lui a permis de jouer un rôle leader à ce niveau.

La scène des télécommunications en Afrique a changé grâce à trois piliers essentiels. Tout d’abord, les services Over-the-Top (OTT) sont devenus une tendance incontestable dans tout le monde où le nombre d’utilisateurs de services mobiles OTT a atteint plus de 1,8 milliard  d’utilisateurs. C’est  la raison  pour laquelle les opérateurs, ayant souffert des conséquences de ce taux d’utilisation élevé, ont décidé de coopérer avec les fournisseurs d’OTT pour intégrer ces services dans les bouquets qu’ils offrent, notamment au niveau du contenu vidéo, des services de musique et des réseaux sociaux.

D’autre part, la demande des clients de vidéos en ligne a mené à la réduction des coûts des données. En effet, selon de récentes statistiques, 62% des utilisateurs de services mobiles regardent des contenus vidéo en ligne. En 2014, 50% du trafic sur YouTube provenait d’appareils mobiles et les analystes estiment que la vidéo comptera 70% de tout le trafic mobile en 2021. La croissance de la consommation de données, stimulée par la demande de contenu vidéo en ligne, augmente les revenus des opérateurs. Toutefois, alors que les OTT monopolisent les revenus des services de voix, les opérateurs doivent agir rapidement pour ne pas perdre leurs clients.

En dépit des attentes signalant la croissance probable des revenus mobiles en Afrique, l’internet des objets (IoT) aura le plus grand impact sur le continent africain et sur l’industrie des télécommunications en particulier. Selon le Forum Economique Mondial, plus de 50 milliards d’appareils seront connectés d’ici 2020. Toutes les entreprises de télécommunications cherchent à investir dans ce domaine qui s’avère être prometteur et qui créera de nouveaux flux de revenus. Les mégadonnées seront l’outil principal sur lequel elles se baseront pour améliorer la prise de décision et paver la voie à de nouveaux domaines numériques qui transformeront leurs modèles d’affaires.

L’Afrique est mieux placée pour tirer profit des avantages socio-économiques et technologiques des appareils connectés, notamment avec un taux de pénétration de plus de 83%. L’internet des objets (IoT) aura un impact positif sur tous les secteurs dudit continent, notamment le secteur du transport qui s’améliorera grâce aux capteurs intelligents qui déterminent les modèles du trafic, et le secteur de l’agriculture qui se développera grâce aux capteurs qui permettront aux agriculteurs Africains de renforcer la productivité des cultures et minimiser les risques de  leurs pertes.

Voilà pourquoi, les entreprises de télécommunications doivent s’adapter à cette nouvelle situation pour pouvoir préserver leur avantage compétitif sur ce marché déjà saturé. Selon George Kalebaila, directeur de recherche de télécommunications, média et IoT à l’IDC, les entreprises de télécommunications doivent aller au-delà des services de connectivité traditionnels et offrir des services TI modernes tels que ceux des communications unifiées, du Cloud et des centres de données. Les niveaux élevés de compétition dans le secteur des télécoms en Afrique ont poussé quelques entreprises à trouver de nouvelles méthodes pour combattre la chute de l’utilisation des services de voix traditionnels.

Kalebaila a précisé : « en Afrique de l’Ouest, nous pouvons remarquer une tendance claire entraînée par la saturation du marché, la diminution des revenus moyens par utilisateur (ARPU), l’augmentation des dépenses opérationnelles, et la réduction des marges de gain sur les services. Sur ce, L’IDC s’attend à une consolidation au sein du marché, notamment entre les ISP locaux qui possèdent les fréquences de la 4G LTE et l’infrastructure de la FTTX (fibre-to-the-x) et les entreprises de télécommunications multinationales  ayant un soutien financier solide. »

En outre, il a ajouté que les technologies de la 5G joueront un rôle pivot dans la région. A la lumière de l’adoption de la 4G dans la majorité des pays de la région, les discussions abordant le réseau de la 5G aideront à sensibiliser les gens et les aviseront des attentes et possibilités des réseaux de données de l’avenir.

Alors que le déploiement des réseaux de la 4G gagne du terrain en Afrique, la disponibilité du spectre, le faible niveau de sensibilisation des clients, la faible couverture, les tarifs élevés et les coûts des smartphones adaptés à la 4G restent encore des défis-clés.

 

« Comprendre et surveiller le comportement des clients aideront les entreprises de télécommunications à personnaliser et optimiser les offres fournies à leurs abonnés, et consolideront par conséquent la fidélité des clients », a conclu Kalebaila.

 

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